Au cours des deux dernières décennies, les mutations auxquelles a fait face l’économie haïtienne n’ont pas permis au pays d’exploiter les avantages de la libéralisation et donc d’emboîter efficacement le pas dans la globalisation. Avec une croissance économique évoluant en moyenne autour de 1,5 % de 1996 à nos jours, le pays a assisté au déclin progressif de sa production, basée sur un secteur agricole non encore modernisé, et la détérioration des conditions de vie de ses habitants. A ceci se sont ajoutés la forte croissance démographique, les périodes d’instabilité politique et les désastres naturels. En conséquence, les importations en produits alimentaires ont augmenté en substitution à la production locale, accentuant ainsi le déséquilibre de la balance des paiements en dépit des entrées de devises à travers les transferts privés sans contre-partie, tout ceci donnant lieu à une dépréciation de la monnaie locale, une hausse des prix et donc à une perte du pouvoir d’achat des ménages.
