Situation des droits de l’homme en Haïti 25 septembre 2023 A/HRC/58/76

Le présent rapport est soumis en application de la résolution 55/24 du Conseil des
droits de l’homme. L’utilisation d’armes à feu et de munitions en Haïti, pays qui n’en
fabrique pas, a donné aux gangs criminels les moyens d’affermir leur position et de gagner
en puissance, leur permettant de commettre de graves atteintes aux droits de l’homme. Plus
unis et mieux coordonnés, ils sont souvent plus puissants que les forces de sécurité
nationales. Cette situation a considérablement aggravé la crise humanitaire, la crise
sécuritaire et la crise des droits de l’homme que traverse le pays, tout en ayant également
d’importantes répercussions dans toute la région. Alors que les affrontements entre gangs
rivaux ont diminué tout au long de l’année 2024, les membres des gangs ont de plus en plus
dirigé leur violence contre la population, s’en prenant brutalement à ceux qui ne respectaient
pas leurs règles ou qu’ils soupçonnaient de collaborer avec la police ou avec des groupes
d’autodéfense, et instillant la peur chez les habitants. Depuis juillet 2024, la violence armée,
qu’il s’agisse d’attaques menées par les gangs contre la population, d’opérations de police
visant les gangs ou d’actes de justice populaire, reste à un niveau alarmant. Les violations
des droits de l’homme et atteintes à ces droits recensées par le Haut-Commissariat des
Nations Unies aux droits de l’homme comprennent de nombreux assassinats ciblés et non
ciblés, des enlèvements contre rançon, des viols et des cas d’exploitation sexuelle, des
destructions de biens et des restrictions sévères de l’accès aux services essentiels, tels que
les soins de santé et l’éducation.

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