Depuis 2019, Haïti enregistre une série ininterrompue de contraction de son Produit Intérieur Brut (PIB) à prix constants, accusant ainsi une chute, en moyenne annuelle, de 2,4%. En effet, avec une décroissance du PIB, en volume, de 2,7 %, l’année fiscale 2025 s’inscrit en droite ligne dans la spirale négative de l’économie haïtienne amorcée depuis déjà sept ans. La comparaison du niveau du PIB constant de 2025 (552,0 milliards de gourdes) avec celui de 2018 (658,3 milliards de gourdes) révèle que cette dépression économique a provoqué une diminution de plus de 106 milliards de gourdes constantes de la quantité de richesse créée dans l’économie, soit une chute cumulée de plus de 16,0 % du PIB sur la période. Ces statistiques préoccupantes ne traduisent pas seulement une simple contraction, récession ou dépression économique abstraite. Elles masquent aussi et surtout des drames bien réels, notamment la réalité alarmante des conditions de vie durant ces sept dernières années, car chaque point du PIB perdu correspond, en quelque sorte, à une augmentation de la précarité des conditions de vie de la population. Cela se traduit, en effet, par la réduction du nombre d’emplois créés, par moins de revenus générés – et face à une inflation déjà galopante – par l’érosion du pouvoir d’achat des ménages. Évidemment, tout cela amène à une augmentation de la pauvreté. À cet égard, l’un des indicateurs les plus parlants constitue le nombre de personnes en insécurité alimentaire aiguë qui est passé de 2,3 millions en décembre 2018 pour atteindre plus de 5,7 millions en septembre 20251. Ainsi, parmi les multiples conséquences de ces années de récession économique, il faut aussi relever ces 3,4 millions de personnes additionnelles en insécurité alimentaire aiguë, enregistrées de 2018 à 2025.
